samedi 13 avril 2013

La méthode des cas

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Les méthodes pédagogiques
La méthode des cas (de l'anglais case studies) est une technique mise au point par des universitaires américains à la fin du XIXe siècle, en particulier pour l'enseignement du droit à Harvard Business School ou un peu plus tard vers 1920 à la Harvard Law School pour simuler des situations et placer les étudiants en situation d'acteurs.

Sommaire

  • 1 Historique
  • 2 Définition
  • 3 Notion de cas
  • 4 Contenu d'une action de formation
  • 5 Informations complémentaires

1- Historique

Issue de la maïeutique, la technique socratique de questionnement et d'auto-formation, elle n'a guère atteint la France que vers 1930. Elle est maintenant largement utilisée dans les domaines du droit, de la gestion, en relations et ressources humaines, surtout à l'université et en formation continue. C'est un des responsables de la HBS (la Harvard Business School) M.T. Copeland, qui a eu l'idée en 1954 d'intégrer à l'enseignement des affaires une méthode que les étudiants en droit utilisaient : analyser des affaires déjà traitées par des tribunaux accompagnée des décisions retenues. Le problème, c'est que contrairement au droit, les cas de gestion n'avaient pas de réponse légale, de jurisprudence indiscutable. C'est pourquoi dans les autres domaines comme le management et les ressources humaines, ce sont des professionnels considérés comme des experts qui indiquent les solutions à retenir dans les fiches pédagogiques remises aux intervenants.

Elle repose d'abord sur l'idée qu'un apprentissage doit coller à la réalité pour être efficace, idée qui est à la base de tout projet reposant sur une pédagogie active. On peut d'ailleurs voir dans le cartouche de présentation la photo de deux des principaux représentants de la pédagogie active, Émile Jaques-Dalcroze et Maria Montessori [1]

Paper pour travail de groupe

2- Définition

Charles I. Gragg, l'un des grands praticiens de cette méthode à Harvard, en a proposé la définition suivante : « Un cas est l'exposé d'un problème d'entreprise, tel que des dirigeants ont dû réellement l'affronter, complété des faits, opinions et préjugés de l'environnement, dont les décisions des dirigeants devaient dépendre. »

Chaque cas présente une structure "préformatée". Il se présente sous la forme d'une documentation d'une douzaine à un vingtaine de pages en général avec des annexes pour les compléments et les données techniques ou chiffrées.

Il comprend pour les participants un document d'introduction précisant la nature du problème à étudier, les pistes à inventorier et les éléments qui font la nature du sujet, ses particularités : multiplicité des acteurs, importance, urgence... Pour l'enseignant, il est accompagné d'informations pédagogiques sur la façon de le mettre en œuvre, les schémas d'animation nécessaires à son exploitation, les connaissances (les pré requis) qu'il nécessite ainsi que les concepts qui le sous-tendent.

Le recours aux technologies de l'information - audiovisuel, données sur cd-roms ou dvd, connexion à intranet ou à internet- permet de plus en plus à la fois d'enrichir la palette pédagogique et de complexifier la méthode.
Dans ce cadre, se développent des processus informations de gestion de l'information et des groupe à distance, évitant des pertes de temps et permettant un suivi efficace des groupes de formation :

- Le groupware ensemble de logiciels permettant à un groupe de travail de de partager des documents et de communiquer à distance;
- Les systèmes en réseau usenet (nommés aussi "Netnews") connectés ou non selon les besoins à internet ou à un réseau interne d'entreprise internet.

3- Notion de cas

Quel que soit le support utilisé et son niveau de complexité, un cas doit respecter plusieurs critères :
Être basé sur la présentation d'une situation de la vie active telle que des individus ont (ou auraient) pu l'affronter, complétée des faits, opinions et préjugés de l'environnement, dont leurs réflexions ont (ou auraient) pu bénéficier;
Être généralisable, c'est-à-dire reposer sur des concepts transférables, un cas est présenté aux apprenants dans le cadre d'un processus pour une analyse de la situation proposée, une discussion ouverte et une solution finale, ou en tout cas, des pistes de solutions constructives. Ce cas est centré sur une problématique devant donner lieu à un scénario de solutions possibles qui peuvent elle-mêmes ensuite faite l'objet d'une nouvelle analyse.

Sa particularité tient au fait que le cas, la situation soumise à examen, est encadré par les concepts sur lesquels il repose, les méthodes quantitatives et connaissances qu'il implique et le schéma pédagogique remis aux animateurs de la séance de formation. La dernière réunion du groupe de travail doit être consacrée à une synthèse, appelée un "debriefing", discussion axée sur les difficultés rencontrées et les concepts utilisés pendant l'analyse du cas.

4- Contenu d'une action de formation

On peut liste ainsi le déroulement d'une action de formation reposant sur la méthode des cas, les étapes et le déroulement à prévoir, quel que soit le domaine abordé.
  • Fiche "problématique" : quel est le sujet à traiter ?
Public visé, Place dans le programme, notion(s) essentielle(s), compétences développées et pré-requis, Objectif pédagogique, Supports utilisés par les animateurs et par les participants.
  • Fiche " organisation du groupe de travail" : niveau d'auto-organisation et d'autonomie du groupe, rôle des animateurs et degré d'intervention [2], debriefing et suivi
  • Fiche Activités et compétences à mettre en œuvre : management participatif (participation active), réaliser une action de suivi, contrôler le déroulement du suivi des non conformités), informer sur les normes de qualité (certification ISO 9000...).
  • Liste des documents annexes : par exemple présentation du cas, son fonctionnement interne et l'environnement externe, documents d'information (la norme ISO 9000, rapports d'audit, procès-verbaux de réunions...)
  • Supports pédagogiques à l'intention des animateurs du cas : les objectifs visés en termes de compétences à acquérir, finalités et connaissances associées, liste des pré-requis, fiche détaillée d'animation indiquant les différentes étapes du déroulement de la séance (organisation, consignes, objectif(s) de chaque étape, évaluation, suivi.

5- Informations complémentaires

Bibliographie
  • Copeland, M.T., The Genesis of the Case Method in Business Instruction, Éditions Mc Graw-Hill, 1954
  • Cova B., de La Baume C., Cas et Méthode des Cas : fondements, concepts et universalité, Gestion 2000, 1991
  • Reynolds J., Méthode des Cas et formation du management, BIT Série Formation à la gestion n°17, 1985
  • La méthode des cas, Roger Mucchielli, Paris, ESF éditeur, 1969, réédition 1992 isbn 2-7101-0990-5
  • Pour les bases méthodologiques, voir les thèmes Raisonnement par cas, La théorie des singes et L'Étude de cas
  • Alain Astouric, "Réussir vos interventions de formation", Chronique Sociale, 2007 * * Chronique sociale
Références

  1. Voir la Méthode Montessori
  2. Définition de la méthode d'animation qui inclut plus ou moins de non-directivité.
Liens externes

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Management et Pédagogie

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Le management de la pédagogie et la pédagogie du management recouvrent deux notions qui signifient d'un côté l'organisation des ressources pédagogiques et de l'autre l'approche pédagogique nécessaire pour faciliter l'apprentissage de la gestion.
La multiplication des concepts relatifs à la gestion des connaissances recouvrant les mêmes réalités nécessite d'explorer les liens existants entre management et pédagogie afin de situer dans le cadre du Management opérationnel les différentes notions. 

Sommaire

  • 1- Enjeux des liens entre pédagogie et management
  • 2- La pédagogie du management
  • 3- Langage et pédagogie
  • 4- Management, pédagogie et formation
  • 5- Le management des activités
  • 6- Le management de la pédagogie
  • 7- L'apport de la psychosociologie
  • 8- Voir aussi

1- Enjeux des liens entre pédagogie et management

Le management n'étant pas que l'art de diriger des individus, la pédagogie et le management (la gestion) ne sont pas des concepts concurrents mais complémentaires. En effet, il serait possible de définir (de manière caricaturale) la pédagogie comme l'art de diriger les hommes par un apprentissage. Ainsi la pédagogie et le management ne révèle pas d'ambiguïtés sémantiques a priori. Il reste que la gestion de projet intègre des aspects de pédagogie d'un point de vue technique qui englobe une bonne part de ce que l'on peut appeler la pédagogie active (de projet).

A l'origine, toute démarche de management d'un responsable répond d'abord à la démarche qu'il a choisie de suivre et le pilotage qu'il veut mettre en place. Elle dépend d'abord de lui, des valeurs qui sous-tendent ses actions -le choix par exemple d'un management participatif n'est évidemment pas neutre- et de sa capacité à discerner les problèmes qui se posent. Ne pouvant s'occuper lui-même de tous les problèmes à résoudre dans la gestion quotidienne, il doit d'abord déléguer un minimum -voir les problèmes de délégation dans la fiche interne- et surtout, gérer par exceptions, c'est-à-dire s'occuper en priorité de "ce qui ne va pas". [1] La pédagogie est un concept qui n'intègre pas ces préoccupations, ce qui constitue une distinction importante avec le management.

Il est essentiel qu'il existe un lien harmonieux ente ces deux domaines, une approche qui soit de même nature : il est en effet difficile de concevoir une pédagogie active, avec participation des personnes et discussions, si la management est autoritaire. Et inversement bien sûr, un groupe qui est habitué à un management participatif ne pourrait subir bien longtemps une enseignements didactique et autoritaire. La phase préparatoire à une intervention pédagogique est donc capitale pour assurer une bon déroulement des séances de formation. Cette étape, qui peut paraître mineure dans les enjeux d'une formation, est parfois négligée et peut largement expliquer soit une mauvaise évaluation de l'enseignement dispensé, soit une difficile mise en application des connaissances acquises.

2- La pédagogie du management

La pédagogie du management est un outil (en tant qu'ensemble de pratiques pour transmettre un savoir quelconque) de la gestion des ressources humaines ou dans un cadre plus restreint, de la gestion de projet. En effet, le service ressources humaines des entreprises gère les compétences des employés et est par conséquent particulièrement responsable de l'apprentissage, ou de sa diffusion dans l'organisation. S'il garde la maîtrise d'œuvre du dispositif de formation, il doit aussi largement coopérer avec les responsables hiérarchiques qui connaissent bien les besoins des personnes susceptibles de 'partir en formation' et ont déjà normalement discuté avec elles de cette question dans le cadre de bilans personnels ou d'évaluations annuelles selon le système qu'utilise l'entreprise. Pour l'intervention elle-même, il est amenée à discuter avec les enseignants pressentis ou déjà retenus des modalités pédagogiques d'intervention et des moyens à mettre en œuvre. (formation dans l'entreprise ou à l'extérieur, salles de travail, supports de travail et de cours, matériel nécessaire à la formation, qui peut aller du simple rétroprojecteur à un réseau informatique interne ... C'est donc finalement le fonctionnement de cette relation tripartite qui va conditionner le bon déroulement de la formation.

Dans une situation de projet, la gestion de projet intègre aussi cette notion. Le projet ou toutes autres formes d'organisation non structurées en service cherche à optimiser l'apprentissage et cherche donc la ou les pédagogies efficientes [2] à utiliser.

La pédagogie active utilise la notion de projet pour améliorer l'implication et l'apprentissage, il existe alors une ambiguïté entre la pédagogie active et la gestion de projet. La gestion de projet recherche l'amélioration de l'implication par la technique d'une certaine conduite de changement, tandis que la pédagogie active théorise l'usage du projet comme source efficiente d'apprentissage. Ces deux concepts recouvrent donc la même réalité mais selon des optiques et buts divergents.

Il faut noter que le recours à la pédagogie n'est pas forcément affaire de spécialistes, en l'occurrence d'enseignants diffusant des cours ou des formations. Cadres, dirigeants ou responsables ont aussi un rôle pédagogique à assumer envers leur personnel, pour susciter le débat, éviter de prendre des décisions sans discussion préalable ou consensus et intégrer le plus possible les personnes dans l'élaboration des processus de production et de la prise de décision.

3- Langage et pédagogie

Dans la mesure où il existe des niveaux de langage différents, la question se pose du choix d'un langage à un moment donné et devant un public donné. Il paraît évident que le discours ne peut être identique face à deux auditoires aussi différents que des apprentis ou des étudiants en droit par exemple. Mais en tout état de cause rester, l'enseignant doit adapter son langage à son auditoire, il doit au moins s'en assurer pour éviter par la suite de perdre du temps ou de gérer des problèmes d'incompréhension. (par exemple, lors du recours à un langage technique ou à un 'jargon' de métier)

Cependant, la pédagogie n'est pas l'apanage des enseignants, même si sa pratique requiert dans ce cas des techniques particulières. C'est un instrument indispensable à tous ceux qui veulent transmettre un savoir, une façon de faire ou même de se comporter, qui demande d'abord d'adapter son attitude verbale et non verbale à la situation pédagogique, à l'environnement tel qu'il se présente "hic et nunc". Et dans ce dernier cas, le langage en est le vecteur principal.

La pédagogie est d'abord un langage adapté à son ou ses objectif(s). Sur des concepts difficiles à saisir -comme le mot 'management' lui-même par exemple- elle s'appuie sur des comparaisons, des métaphores normalement mieux connues des participants ou a recours également à des métonymies en créant une relation logique entre deux réalités, procédés des sciences du langage qui permettent d'approcher des concepts indirectement en se basant sur les connaissances concrètes et syntaxiques des personnes en formation.

La dialectique, l'art du raisonnement logique, dépend aussi du public et des objectifs poursuivis. Comme l'a noté Romain Rolland : « Il s'était fait un peu la façon de penser du peuple. Il en avait la dialectique lente, le bon sens raisonneur. » Ainsi, elle peut donc être plus ou moins subtile, rigoureuse, s'adressant plus à la raison ou plus aux sentiments selon la formation et les attentes des locuteurs.

4- Management, pédagogie et formation

Les premiers pédagogues et Piaget en particulier, ont défini la pédagogie comme l’ensemble des modalités cognitives permettant de transmettre un savoir, des informations de quelque nature qu’elles soient. Il faut donc éviter de confondre le management de la formation qui englobe les différentes techniques permettant de mettre en œuvre et de réaliser des actions de formation et le management de la pédagogie qui concerne les différentes méthodes pouvant être utilisées dans un enseignement donné. Il s’adresse à l’enseignant qui doit opérer des choix pour transmettre dans les meilleures conditions, tel ou tel contenu. Il existe donc une interaction étroite entre le contenu du message, son substrat didactique et la dialectique mise en œuvre.

Cette définition peut être étendue à toute personne détentrice d’un message à transmettre qui, pour cela, doit discriminer entre les techniques disponibles et retenir une pédagogie adaptée à l’objectif à atteindre. ( type de méthode, type de communication, canal de communication…) Manager la pédagogie repose ainsi sur un choix délibéré d’un intervenant à qui incombe la responsabilité de retenir la ou les méthode(s) adéquate(s) en fonction du groupe ou de son locuteur, du contenu à transmettre et de la relation communicationnelle à établir, pour pouvoir s’adapter à la situation pédagogique globale telle qu’elle se présente ‘ici et maintenant’.

5- Le management des activités

Si le terme Management vient du français médiéval 'Ménager' (gérer, tenir son ménage, son foyer), le concept contemporain est anglo-saxon. Il a d’abord concerné la gestion générale de l’entreprise et les techniques mises en œuvre pour optimiser la production comme l’a théorisé Frederick Taylor vers 1885 et ce qu’il appelle l’OST, l'Organisation scientifique du travail. Taylor y voyait aussi un moyen de simplifier, de rationaliser le travail de l’homme [3] alors que la remise en cause progressive du travail à la chaîne, corollaire de l’application de ses principes, signifie qu’il est considéré comme un esclavage moderne, l’homme suivant le rythme de sa machine, devenant son esclave, son servant.

D’autres ont ensuite poursuivi dans cette voie, l’ont même systématisée pour arriver à une parfaite maîtrise des principes tayloriens, que ce soit sur le plan conceptuel, basé sur les théories de l’économiste anglais David Ricardo et suivi sur le plan productif par les pionniers de l’automobile comme Henry Ford. [4] Telle était alors la pédagogie appliquée à l’entreprise : aider les hommes à produire en leur inculquant les gestes essentiels à l’exécution de leur tâche, une approche purement utilitaire proche de Stuart Mill. Ces conceptions ont provoqué en réaction la critique marxiste de l’aliénation ou la critique humaniste de Joseph Proudhon en 1846. [5] Ces vues essentiellement productivistes de la relation homme-travail ont abouti à la naissance d’un esclavage industriel qu’un écrivain comme Charles Dickens a largement mis en lumière. C’est un Français Henri Fayol [6] qui va étendre l’OST aux fonctions administratives et lancer ainsi les bases de ce qu’on appellera plus tard le management. Ses conceptions vont déboucher sur deux composantes essentielles :

- Les méthodes de direction de l’entreprise recouvrant les méthodes quantitatives de gestion et la prospective ;
- Les méthodes de gestion des ressources humaines dédiées à l’encadrement qui doivent répondre à deux impératifs contradictoires : augmenter la production et faire en sorte que l’homme puisse d’épanouir dans son travail.
 
Cette conception aura un impact important sur la pédagogie appliquée à l’entreprise et va mettre l’accent sur la dimension humaine du travail et les besoins des hommes, conception qu’on trouve aussi bien chez des écrivains comme Simone Veil [7] que des penseurs américains comme Maslow et sa théorie de la hiérarchie des besoins humains. [8]

Ce courant va générer une réflexion et une prise de conscience, surtout de psycho-sociologues américains, qui aboutiront à l’école des Relations humaines dominée par le psycho-sociologue américain Elton Mayo dans les années cinquante qui marqua profondément l’évolution des conditions de travail dans les décennies suivantes. [9] Il va aussi bouleverser les pédagogies appliquées, aussi bien dans l’entreprise [10] que dans le domaine de la formation. [11]

En ce qui concerne l’entreprise : Le but est d’élaborer une pédagogie de l’information et de la concertation. L’encadrement est directement intégré à cette orientation et doit faire accepter dans de bonnes conditions les orientations managériales. Pour y parvenir, sa marge de manœuvre étant limitée, il doit devenir un pédagogue pour 'faire passer' les évolutions nécessitées par le pilotage des évolutions (auto organisation, fixation des objectifs individuels et collectifs, évaluation…). L’accent est mis sur les apports positifs de la participation [12] les vertus de l’action collective et des réunions de prise de décision, les dangers des relations négatives [13] et la prévention des dérives possibles. [14]

En ce qui concerne la formation pour adultes : Le système de formation de l’entreprise –qu’il soit interne ou confié à des sociétés de service- est sollicité pour mettre en œuvre une pédagogie donnant aux participants les clefs pour mieux s’adapter aux évolutions en cours et mieux participer à la vie de l’entreprise. L’objectif recherché est d’agir sur les compétences –s’adapter à un poste de travail évolutif- de faire prendre conscience aux participants de leurs propres responsabilités vis-à-vis de leurs collègues, leur interdépendance, et de l’entreprise. Les moyens pédagogiques mis en œuvre dans ces formations aux relations sociales et professionnelles reposent essentiellement sur des modèles psycho-sociaux tels que la Dynamique des groupes [15 ] , L'Analyse transactionnelle [16] et la PNL (Programmation Neuro-Linguistique). [17]

6- Le management de la pédagogie

Le management de la pédagogie est l'organisation des ressources pédagogiques. A l'école, le management de la pédagogie est de la responsabilité de l'intendance relativement à la mise à disposition du matériel et des locaux. Mais l'enseignant peut être autonome dans sa démarche d'utilisation du matériel et la démarche pédagogique liée. En entreprise, elle est réalisée soit par le service des ressources humaines, soit par le chef de projet mais celle-ci peut être complètement externalisée. Son but est d'optimiser l'apprentissage. Il donne toutes les ressources nécessaires à l'application de la pédagogie sélectionnée. Dans le cadre d'une pédagogie inductive, le management organisera par exemple le contact avec la difficulté à dépasser de manière progressive et réaliste.

Le management de la pédagogie est basé sur la mise en valeur des supports pédagogiques suivants :
Un texte ou un ensemble de textes, Une image : photo, affiche, caricature, tableau..., une œuvre intégrale, littéraire ou autre, un enregistrement, un film de cinéma; Une émission d'information, un reportage, une fiction..., un sommaire, para-texte (ce qui est à côté du texte)..., la presse écrite : éditorial, Une, article d'info, article polémique..., une œuvre épistolaire, architecturale, une statue...
 
Le management de la pédagogie pourra utiliser les matériels suivants :
Photocopie, rétroprojecteur, ordinateur (internet, cédéroms), magnétophone, caméscope, vidéoprojecteur, manuels, journaux ...

Le management de la pédagogie vise des objectifs concrets et quantifiés :
Un dossier, un exposé , un devoir "à la manière de", un travail écrit type examen, un écrit formatif (critique, article, slogan...), un montage audio-visuel, une page internet, une exposition, une scène jouée, un jeu de rôle ou un mime, un tableau ou un schéma de synthèse... 
 
En matière de pédagogie des adultes, le management repose sur :
- Le management des hommes : réflexions, méthodes et outils adaptés à la problématique de l'environnement considéré, amélioration de la dynamique du management interne, mise au point de démarches d’évaluation et de processus de conduite d'entretiens;
- des Méthodes et outils d’amélioration : techniques de résolution de problèmes et de gestion du temps-; - L'élaboration du processus : former les tuteurs et les formateurs d’adultes, bâtir si nécessaire des projets partagés et savoir conduire des réunions de concertation.

 
En fait, ce qui est recherché de plus en plus, surtout avec l'irruption de l'informatique dans la sphère pédagogique, c'est une optimisation de l'interface homme-machine, utiliser les moyens techniques à la demande selon les objectifs pédagogiques qu'il ne faut jamais perdre de vue et les intégrer dans la séance de formation. Par exemple, dans une séance de formation sur l'étude des perceptions, il est très intéressant -et même indispensable- d'utiliser une caméra pour filmer les scènes et un écran pour ensuite les visionner, mais l'essentiel reste la façon dont l'enseignant dirige sa séance et fait ressortir les écarts entre le vécu d'un travail en groupe et la perception qu'en ont les participants lors de la séance de discussion et du debriefing qui la suit normalement.

7- L'apport de la psychosociologie

Les interactions
L'apport essentiel est la mutation de l'enseignant classique, celui dont l'action est centrée sur les contenus, en un animateur de formation, centré aussi bien sur les contenus que sur le fonctionnement du groupe dont il a la charge (et des individus qui le composent). Cette conception signifie qu'il intervient à la fois sur le collectif, recherchant les actions qui dynamisent le groupe, ont un impact positif sur chacun, et sur un suivi personnel s'assurant ainsi du développement, de l'épanouissement de chaque personne dans son groupe. Les managers, à quelque échelon qu'ils soient situés, doivent intégrer les aspects relationnels dans leur fonctions et prendre en compte ce type de difficultés qui hypothèquent les résultats du groupe dont ils ont la charge.


Suivi et fonctionnement de groupe
La psychosociologie permet de mettre à jour les phénomènes de groupe et pour l'animateur, d'en être au moins conscient pour pouvoir agir en conséquence de cause, confronté à des réactions d'affrontement dans les phénomènes de leadership ou des réactions de conformité, surtout quand la pression du groupe s'exerce fortement sur les personnes. Ce dernier phénomène a bien été mis en lumière par les travaux de Jack Bruce et surtout de Solomon Asch, psychologue d'inspiration "Gesaltiste" et pionnier de la "psychologie sociale". [18]

Dans ce domaine, c'est sans doute le psychologue américain Milton Erickson dont l'influence a été la plus marquante. Son approche repose sur l'idée que chaque personne possède en elle des ressources adaptées à une situation, même si elle n'en est pas consciente. Le travail de l'animateur doit permettre de mettre à jour ses possibilités, de révéler ses potentiels et les transformer en compétences. Il a également mis en lumière l'importance du langage comme signe dans l'expression non verbale et gestuelle qui dément parfois le message oral. [19]

8- Voir aussi

Articles connexes
   - Pour une présentation générale : Méthodes qualitatives et La théorie des singes
   - Pour les bases théoriques de pédagogie active : Méthodes en pédagogie active et Raisonnement par cas
   - Pour la mise en œuvre de la pédagogie active : Méthode d'apprentissage cognitif et La méthode des cas 
Bibliographie

  • La méthode des cas, Roger Mucchielli, Paris, ESF éditeur, 1969, réédition 1992, isbn 2-7101-0990-5
  • La méthode des cas : voir les travaux de Laurent Lapierre et l'article de Omar Aktouf La méthode des cas et l'enseignement du management, pédagogie ou conditionnement?, Revue internationale de Gestion, 1984
  • Comment faire rire un paranoïaque?, François Roustang, Odile Jacob, 1995, isbn 2-738-10357-7
  • Alain Astouric, "Réussir vos interventions de formation", Chronique Sociale, 2007 Réussir-vos-interventions
  • Le management durable, Alain Astouric, Chronique Sociale, 2004 Le-management-durable
  • Les '100' du Management Moderne ( les 100 Règles d'or, Astuces, Conseils & «Best Practices» ), collection cahiers des performances, 3e.édition, Ed. Katamaran Entreprise, Paris, 2010, isbn 978-2-95343652-5
  • Manager son équipe au quotidien, Bernard Diridollou, Edition des Organisations, 1994
Références
[1] Voir la fiche Système de gestion d'exceptions qui a cependant l'inconvénient de traiter uniquement l'informatique
[2] L'efficience inclut une efficacité de type qualitatif qui intègre des critères d'optimisation.
[3] Frederik Taylor, L’homme au travail, principes d’organisation
[4] Voir en particulier My Life and Work, Henry Ford et Samuel Crowther, édition Garden City Publishing Company, 1922, isbn 978-1406500189
[5] Voir par exemple Qu'est-ce que la propriété ? et Système des contradictions économiques ou Philosophie de la misère
[6] Voir en particulier Administration Industrielle et Générale réédité aux éditions Dunod.
[7] Voir son livre sur son expérience du travail ouvrier La condition ouvrière
[8] Voir Abraham Maslow et la pyramide des besoins
[9] Comme principaux représentants de ce courant, on peut citer Kurt Lewin, Moreno, Carl Rogers
[10] Voir par exemple Eric Berne et l’Analyse transactionnelle
[11] Voir en particulier les travaux du pédagogue Philippe Meirieu
[12] Voir Roger Mucchielli
[13] Voir le succès de la théorie qu’on appelle le gagnant-gagnant
[14] Voir sur ce point l’excellent ouvrage de Marie-France Hirigoyen sur le Harcèlement moral
[15] Voir les travaux de Kurt Lewin
[16] Voir Eric Berne Que dites-vous après avoir dit bonjour ?, édition Tchou, isbn 2-7107-0361-0 et Des jeux et des hommes, éditions Stock, isbn 2-234-01766-1
[17] La Programmation neuro-linguistique : voir les travaux de John Grinder, Richard Bandler et Milton Erickson. [18] Voir la fiche Expérience de Asch ainsi que son ouvrage The legacy of Solomon Asch, Essays in cognition and social psychology paru en 1990
[19] Voir Betty Alice Erickson et Bradford Keeney, Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain, Satas, 2009 


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Le jeu de rôle

Le jeu de rôle est une technique utilisée en psychologie et en pédagogie, différent de l'acception traditionnelle avec le jeu ludique de type jeu de société ou les jeux informatiques consistant à se mettre à la place d'un héros ou d'un personnage pour résoudre des énigmes.
Le jeu de rôle consiste à mettre une personne (ou un groupe) dans une situation fictive [1] et à lui demander (ou leur demander) d'agir et de réagir en simulant la réalité.


Les masques

Psychologie et psychosociologie
En psychothérapie, le « sociodrame » défini par Moreno ou encore l'entraînement aux compétences en matière sociale sont basées sur le jeu de rôle. Dans sa version psychanalytique, il a pour but d'apprendre à une personne à mieux gérer ses réactions émotionnelles (phobies, troubles divers...), ou bien de mettre à jour en les exprimant des difficultés, des blocages, des souffrances refoulés qui resurgissent à partir de situations traumatisantes qui émergent de la situation créée.

Pédagogie
En matière pédagogique, notamment dans la pédagogie adaptée aux adultes, le jeu de rôle permet à l'apprenant de passer de la connaissance théorique à la pratique par des simulations, des cas concrets qui facilitent l'apprentissage et la gestion de la tension nerveuse, du stress pouvant résulter des réactions aux situations simulées. Le formateur-animateur peut alors mieux évaluer l'apprenant dans sa capacité d'assimilation ainsi que le bien-fondé de la pédagogie induite ou initiée par la formation elle-même (on parlera alors de méta formation).

Le jeu de rôle est aussi une manière de faire prendre conscience des phénomènes en les vivant pour aller au-delà de la théorie, de l'exposé magistral en proposant cette pédagogie à 'double détente' qui doit, si elle est bien conduire, permettre une dynamique entre théorie qui renvoie à une pratique, l'analyse de la pratique renvoyant elle-même à une explicitation ou à un approfondissement de la théorie.


Jacob Moreno

C'est le cas par exemple :
  • En faisant jouer deux groupes de personnes avec des règles différentes (alors qu'elles croient utiliser les mêmes), on peut faire prendre conscience aux participants de l'écart culturel entre eux, des présupposés que cela induit, ou bien de la différence entre ce que l'on imagine et ce que vivent les autres, autrement dit les distorsions d'interprétation et les incompréhensions qui en découlent. [2] ;
  • En faisant des simulations d'entretiens filmées pour mieux prendre conscience de son propre comportement et de ses conséquences ;
Le « jeu de la NASA » permet de montrer la structuration spontanée d'un groupe et l'importance du rôle de coordinateur ;
Les cas concrets dans l'enseignement des premiers secours (techniques de simulation d'un accident avec utilisation de supports audio-visuels) permettent aux participants d'avoir les bons réflexes, les bons gestes, pour les reproduire comme des gestes naturels dans la réalité.

Notes et références
  1. Pour la conception, voir La méthode des cas
  2. Technique très utilisée par exemple pour former des volontaires des organisations non-gouvernementales (ONG) intervenant à l'étranger ou avec d'autres nationalités
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    Harold J. Leavitt

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    Harold J. Leavitt (1922-2007) est un psychologue et sociologue américain qui a travaillé en particulier avec des confrères comme Kurt Lewin sur le concept de dynamique de groupe fondé par Lewin et Alexander Bavelas sur la communication et les réseaux de communication.
    Il a en particulier étudié le mode de fonctionnement des groupes restreints et le comportement de leurs membres selon le type de réseau adopté (au imposé), les relations internes dans le groupe et les conditions de sa réussite.

    1- Les expériences de Bavelas et Leavitt

    Bavelas Leavitt.jpg

    À partir du modèle mathématique qu'avait développé Alexander Bavelas pour analyser les réseaux de communication, Harold J. Leavitt a défini quatre types de réseaux, selon leur niveau de centralisation : centralisé, en Y, en chaîne et circulaire.

    Le dispositif expérimental, qui permet la modification des canaux de communication, réunit cinq personnes qui ne communiquent entre elles que par écrit et qui ont pour tâche de résoudre un problème dont la solution exige le rassemblement de données dont chaque individu en détient une partie.

    Le but de l'exercice est de mesurer la performance du groupe dans deux domaines essentiels que sont la rapidité avec laquelle il a résolu le problème et le nombre d'interactions entre ses membres. À partir de ces mesures, on s'aperçoit que plus le réseau est centralisé, meilleur est le résultat en termes de rapidité. Mais par contre, la satisfaction de chaque membre est inversement proportionnelle au degré de centralisation. ceci vaut pour pour la moyenne du groupe, non pour chaque individu pris isolément, dont le moral croît avec la 'centralité' de sa position dans le groupe.

    Plus un individu est extérieur au centre de décision, moins son moral est élevé. Du point de vue psychosociologique, on constate que dans les réseaux décentralisés où personne n'occupe de position centrale, aucun leader ne se dégage ; à l'inverse, dans un réseau centralisé, celui qui est au centre du dispositif est le leader naturel du groupe.

       Harold J. Leavitt

    2- Le concept d'équipe : les "hots groups"

    Harold J. Leavitt et Jean Lipman-Blumen ont baptisé les équipes performantes et très ouvertes les "hots groups" -littéralement les groupes très chauds ou brûlants- dont les membres se font confiance (groupe soudé) et sont stimulés par une tâche particulièrement exigeante.
    Il faut bien sûr que certaines conditions soient remplies pour que le groupe puisse réussir qu'ils définissent de la façon suivante :

    - Laisser place à la spontanéité, encourager l’émulation, l’honnêteté et les échanges d'idées;
    - Favoriser la libre expression, la pensée vraie de chacun sans jugement et sans a priori;
    - Développer une attitude positive face aux obstacles;
    - Choisir des gens pour leurs compétences et leurs motivations;
    - Recourir aux technologies de l'information pour aider à établir des liens, et pas seulement pour gérer l'information.

    Sur la notion de valeurs, ce qui est partagé et doit faire l'objet d'un consensus, il a écrit : « Dans le contexte du management, les valeurs représen­tent un système durable de règles, de lignes directrices à usage personnel, définissant ce qui est autorisé et ce qui ne l'est pas. »

    3- Innovation et créativité

    Harold J. Leavitt a aussi beaucoup travaillé sur les thèmes d'innovation et de créativité en matière sociale. Il est l'auteur de ces deux remarques qui sont assez souvent reprises et qui montrent bien qu'il faisait a priori confiance à l'individu pour "s'autoréguler" et se dépasser, pourvu qu'on lui en donne les moyens :
    - « Les innovations sont presque toujours le fait d'explorateurs individuels ou de petits groupes, et presque jamais celui de bureaucraties importantes et hautement structurées. » - « La créativité individuelle peut être détruite par une incitation au conformisme... Les injonctions à agir rationnellement inhibent les aptitudes à se comporter de manière créative. »

    Il reprenait aussi volontiers cette mise en garde de son confrère Paul Watzlawick : « La volonté de renoncer à son indépendance, de troquer le témoignage de ses sens contre le sentiment confortable mais déformant la réalité, d'être en harmonie avec un groupe, est l'aliment dont se nourrissent les démagogues. »

    Harold Leavitt.jpg

    Voir aussi
    Managerial Psychology, Éditions University of Chicago Press, Chicago-London, 1975, 434 pages
    Le management dans les années 1980, Harold J. Leavitt, Thomas Whisler - voir aussi [1] 
    Psychologie des fonctions de direction dans l'entreprise : 
    données psychologiques du comportement des individus, des groupes et des collectivités, Leavitt Harold J. 
    Guy André, Guy Lucie, Éditions Hommes et Techniques, 1973, 304 pages 
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    Eric Berne et son oeuvre

    Éric Berne, né à Montréal (Canada) le 10 mai 1910 et décédé le 15 juillet 1970, est un psychiatre américain surtout connu comme le fondateur de l’analyse transactionnelle.

    Il étudie d'abord la médecine à l’Université McGill, puis la psychiatrie à l’université Yale aux États-Unis et prend la nationalité américaine. En Californie où il s'établit en 1946, il poursuit des activités très variées en psychiatrie, à l'hôpital et en privé ou en services de conseils. Peu à peu, il s'éloigne de Freud et de la psychanalyse, cherchant à mettre au point des outils thérapeutiques à la fois efficaces et beaucoup plus rapides et économes en temps et en argent que les analyses qui s'étalent parfois sur plusieurs années.
    C'est lors de la parution de son livre Transactional Analysis and Psychotherapy en 1961, qu'il est vraiment reconnu, ce qui lui permettra par la suite de fonder l’International Transactional Analysis Association (ITAA). 

    1- Des jeux et des hommes

    • Éric Berne  : "Des jeux et des hommes", psychologie des relations humaines, Stock, 1975, isbn 2-234-01766-1
      édition originale Grove press inc, 1964, New York, traduit de l'américain par Léo Dilé

    Cet ouvrage de Berne est centré sur l'analyse des relations psychologiques à travers les 'jeux' auxquels se livrent les individus. Analyse structurale d'abord qui débouche ensuite sur l'analyse transactionnelle. Berne établit une typologie des jeux psychologiques : jeux classiques, jeux conjugaux, jeux de société, jeux sexuels pour en tirer des conclusions sur la signification profonde des jeux et leur paradigme. (voir en annexe sa "classification du comportement")
    Initiateur de la théorie des jeux appliquée à la psychologie et de son système thérapeutique qu'il nomme L'Analyse Transactionnelle, Éric Berne cherche dans ces jeux auxquels se livrent ses semblables, les ressorts cachés de leurs comportements. Ces jeux, s'ils font partie des relations 'normales' entre adultes, peuvent parfois se révéler néfastes et même destructeurs. C'est leur dcodage qui permet d'avancer dans la connaissance et d'en dévoiler leurs véritables objectifs. Au cours de ses nombreuses expériences, il a dénombré trente six sortes de jeux psychologiques qu'il a regroupés en sept catégories.
    Les jeux sont souvent dominés par des relations de caractère sexuel, attirance et répulsion quand l'initiateur devient victime ou quand le sexe est vecteur de frustrations, comme dans le jeu de la "femme frigide" dont il démonte les mécanismes. Dans cet ouvrage, il poursuit les relations de ses expériences dans la thérapeutique de groupe et de ses mises en situation à partir de "la mise à plat" des jeux psychologiques et de leurs implications. 

                 

    2- Que dites-vous après avoir dit bonjour ?

    Référence : Eric Berne, traduction de Paul Verguin
       Editeur : Tchou (7 mai 2009)
       Collection : Le corps a vivre
       ISBN-10 : 2710707667
       Broché: 371 pages

    C'est son ouvrage de base où le Dr Eric Berne traite des principes de base de l'Analyse transactionnelle qu'il a élaborée. Il y présente sa méthode d'analyse et sa propre théorie : la personnalité de chaque individu est un ensemble de trois éléments fondamentaux qu'il nomme le Parent, l'Adulte et l'Enfant. Nos actes et d'une façon générale notre comportement serait ainsi conditionné très tôt dans notre enfance à partir d'un " scénario " qui dicterait nos actions et nos réactions, et conditionnerait nos échecs et nos réussites en terme social. La question essentielle est de savoir si -ou dans quelle mesure- on peut se libérer de ce schéma de départ ou si nous sommes "prédéterminés"?
    Eric Berne ne peur croire en une prédestination quelconque et pense qu'il est nécessaire de connaître le mieux possible le pourquoi profond de nos actes. C'est pourquoi, à partir d'un questionnaire -base de la méthode- il part d' une approche simple et utile, permettant un dialogue avec soi-même intégrant aussi bien les événements récents que les événements plus anciens de sa vie et visant une efficacité immédiate pour le lecteur.


    Bibliographie
    "Analyse transactionnelle et psychothérapie", Payot, 1971, isbn 2-228-89425-7 (première édition Evergree, 1961)
    "Principes de traitement psychothérapeutique en groupe", éditions d’Analyse transactionnelle, 2006, isbn 2-9518389-6-4
    "Structure et dynamique des organisations et des groupes", éditions d’Analyse transactionnelle, 2005, isbn 2-9518389-4-8 (première édition Pitman, 1963)
    "Psychiatrie et psychanalyse à la portée de tous", Arthème-Fayard, 1971
    "Des jeux et des hommes", psychologie des relations humaines, Stock, 1975, isbn 2-234-01766-1
    "Que dites-vous après avoir dit bonjour ?", Tchou, 1977" isbn 2-7107-0361-0 

                

    Voir aussi
    Guide pour profane à travers la psychiatrie et la psychanalyse, Simon & Schuster, New York, 1957
    Le problème culturel : psychopathologie à Tahiti, Journal américain de psychiatrie, 1960
    Images primaires et jugements primaires : Revue de psychiatrie, 1955

    Liens externes
    Analyse transactionnelle L'AT de A à Z
    L'Institut français d'analyse transactionnelle : L'IFAT

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    Dynamique des relations interpersonnelles

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    Dynamique des relations interpersonnelles est une théorie relationnelle -ou système D R I- et une méthode psycho-thérapeutique initiée par les psychosociologues américains Kurt Lewin et Jacob Moreno puis développée par l'École de Palo-Alto [1], avant d'être reprise en France par des psychosociologues comme Roger Mucchielli.

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    Sommaire

    • 1- Présentation
    • 2-Développement et contenu
    • 3- Notion de Gagnant-perdant
    • 4- Voir aussi

    1- Présentation

    Cette méthode d'approche des phénomènes relationnelles et de ses conséquences, repose sur l'analyse des interactions entre des personnes qui sont en phase de conflit ou de négociation et met en œuvre essentiellement les notions de pouvoir, d'attractivité et de décision.
    Elle nous ramène d'abord aux principes de la communication interpersonnelle et aux réseaux de communication, aux canaux utilisés pour se faire comprendre et pour transmettre une information dans de bonnes conditions. L'objectif est de mettre les différents locuteurs sur la même longueur d'onde dit l'expression populaire, ce qui signifie mettre au même niveau, en harmonie les canaux et les niveaux de langages qui sont forcément différents au départ, d'où de nombreux quiproquos, des dialogues de sourds et des querelles aussi inutiles qu'irrémédiables.

    2-Développement et contenu

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    • Les jeux psychologiques utilisés pour développés cette méthode sont de deux niveaux :
    - Les jeux de pouvoir appliqués selon la "Méthode Moreno" [2] allant du Jeu de rôle au Psychodrame selon le niveau d'analyse de situation à atteindre. - Les jeux de stratégie dont le plus courant ressemble au poker ou au bridge avec ses deux phases d'enchères et de partie [3].
    • La technique la plus simple met en relations des adversaires a priori égaux entre eux : c'est le 'un contre tous'. Un jeu se déroule généralement en 3 phases distinctes de nature irrationnelle-rationnelle-irrationnelle. Cette dualité entre psychologie et réalité renvoie à ce qui est pour chacun sa propre réalité intérieure, celle qu'il vit à un moment donné, et qui est pour lui la seule réalité objective qui est difficilement accessible aux autres et provoque des réactions plus ou moins appropriées à la situation réelle.
    - phase irrationnelle-aléatoire selon les cartes et les atouts que chacun possèdent au départ (ou en tout cas croit posséder) pour contrer les autres, parvenir à un compromis ou leur imposer ses règles selon l'objectif qu'il s'est fixé, celui-ci pouvant d'ailleurs être modifié selon l'évolution du jeu.
    - phase rationnelle-spéculative où chacun avance ses cartes (ou ses arguments) permettant les ajustements nécessaires par rapport aux spéculations précédentes.
    - phase irrationnelle-psychologique où chacun tente de 'deviner' le comportement des autres et d'anticiper leurs réactions, cette attitude reposant le plus souvent sur une pseudo rationalité prenant appui sur les ressorts psychologiques supposés de ses adversaires [4].
    • Ces rapports entre adversaires à chacun essaie de percer le mystère de l'autre ont pour vertu de rebattre les cartes, faire que rien n'est jamais joué (dans un sens ou dans l'autre), que forces et faiblesses peuvent évoluer à tout moment vers une nouvelle recherche d'équilibre ou d'une nouvelle phase du combat pour tenter de vaincre [5].
    Mais, contrairement aux jeux de cartes, rien dans la vie n'est définitif -tant en tout cas qu'un groupe a une existence autonome- et humilier son adversaire peut être à terme une mauvaise opération. C'est dire l'importance du court et du long terme. En effet, on connaît rarement la capacité de nuisance de son adversaire. Un adversaire mécontent peut vouloir prendre sa revanche par des moyens détournés, se liguer par exemple avec un autre concurrent, une autre personne pour faire chuter celui à qui il en veut, celui qui l'a fait perdre, l'a dévalorisé, pour lui donner une bonne leçon. Ou de façon plus subtile, il peut aussi vouloir donner un coup de pouce mine de rien, l'avantager si nécessaire quand celui qu'il faut abattre est en difficulté, cherche un appui ou tente une action importante. Dans le langage commun, on parle de 'savonner la planche' ou de pratiquer le croc-en-jambes. Chez les psycho-sociologues, on parle plutôt d'un 'groupe de termites' , ceux (ou celui) qui patiemment sapent le travail de celui qu'il faut atteindre.

    3- Notion de Gagnant-perdant

    S'il est parfois des plats 'qui se mangent froids', ceci s'applique bien à ceux qui ont une revanche quelque à prendre et pour qui il ne saurait être question de participation et de jouer au Gagnat-gagnant [6], de jouer un jeu où ils pensent (à tort ou à raison) que les dés sont pipés et qu'ils n'ont rien à gagner. C'est ce qu'on appelle en Analyse transactionnelle 'les jeux pervers'. Il n'y a donc aucune comparaison entre adversaires s'exerçant dans le cadre d'une concurrence et des ennemis, déclarés ou non, qui se considèrent comme tels.
    Cette capacité de nuisance s'exerce aussi bien sur le rationnel que sur les deux phases d'irrationnel, ce qu'on peut vérifier à partir d'exemples simples.
    - Sur le rationnel, l'exemple du 'dupeur dupé' qui avait l'habitude d'emprunter à d'autres des préparations de cours et s'est faite piéger en pleine présentation par les fausses informations insérées par des collèges dans les préparations qu'il leur avait une nouvelle fois 'empruntées';
    - Sur l'irrationnel, les exemples sont nombreux sur la capacité des individus à simuler un comportement, à 'brouiller les cartes', depuis ses cas les plus simples jusqu'à celui-ci qui, après une déconvenue au sujet d'une promotion, prit le parti de plaire plutôt que de bien faire son travail; [7]
    - Sur le mode mixte, on trouve des individus ou les groupes minoritaires qui défendent leurs intérêts avant l'intérêt général, en disant le contraire bien entendu, pouvant aller vers deux comportements opposés, vers une schizophrénie consciente.

    On retrouve ici l'idée fondamentale du gagnant-gagnant, celle de confiance sans laquelle il n'y a pas de collaboration possible et, dans le cas contraire une méfiance qu'il est très difficile de lever dès lors qu'elle s'est installée. C'est un balancement entre attractivité et répulsion dû souvent au départ à une absence de considération avec ce qu'on appelle dans la théorie de la communication, l'absence de feed-back, traduit en français par le mot rétroaction. [8]

    4- Voir aussi

    Bibliographie
    Kurt Lewin, Psychologie dynamique : les relations humaines, Presses Universitaires de France, 1964
    La méthode des cas, Roger Mucchielli, Paris, ESF éditions, 1969, réédition 1992, isbn 2-7101-0990-5
    Robert Mills Gagné, Golas, K., et Keller, J. M., Principles Of Instructional Design, 2004 (1re éd : 1974)
    Edgar Morin, Introduction à une politique de l'homme, Le Seuil, 1969
     
    Thèmes connexes
      Sabine Kahn
      La méthode des cas et Le jeu de rôle - Le cognitivisme
      La Résolution de conflits et l'assertivité
     
    Références  
     [1] Voir en particulier les travaux de Paul Watzlawick
    [2] Voir les travaux de Jacob Levy Moreno
    [3] Voir à ce sujet les thèmes afférentes à la Théorie des jeux
    [4] Voir le rôle de la PNL dans le déroulement de ce processus. D'où souvent, les spéculations hasardeuses, les interprétations sur les faits et gestes des autres et les désillusions qui suivent immanquablement.
    [5] Les exemples sont nombreux où un groupe, une armée apparemment assez faibles, remportent finalement la victoire. L'un des plus connus (et significatifs) est sans doute la bataille de Valmy
    [6] C'est le psychologue Thomas Gordon qui est à l'origine de ce concept à partir de ses recherches sur la résolution de conflit dans la famille puis dans le domaine du management.
    [7] Sur ce point, voir le concept de 'différenciation subjective' qui traite de ce à quoi tel individu est réceptif, à ses motivations profondes : argent, flatteries et médailles, marques d'intérêt... cf les travaux de Douglas McGregor et sa théorie 'XY' ou la Pyramide des besoins de Abraham Maslow.
    [8] Sur la théorie du fedd-back et ses effets, voir Roger Mucchielli "Communications et réseaux de communication" 


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    jeudi 24 janvier 2013

    Éric Berne biographie


     <<<<<<<<< Éric Berne, l'émigré américain >>>>>>>>>>>
     
    Éric Berne, né à Montréal (Canada) le 10 mai 1910 et décédé le 15 juillet 1970, est un psychiatre américain surtout connu comme le fondateur de l’analyse transactionnelle.

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    Éric Berne, psychiatre et psychosociologue au parcours atypique, aussi bien d'un point de vue professionnel que personne, est surtout connu pour avoir élaboré une méthode l'Analyse Transactionnelle, qui s'imposera au début des années soixante, comme l'outil indispensable d'analyse comportementale à travers le décryptage des relations interpersonnelles. Sa jeunesse est marquée par un événement marquant, un traumatisme qu'il aura du mal à surmonter : son père meurt encore tout jeune de la tuberculose alors que le garçon atteint à peine ses neuf ans.

    Ses ancêtres sont des juifs slaves russes et polonais mais ses parents ont décidé d'émigrer au Canada. Son père David est médecin généraliste et sa mère Sarah à la fois écrivain et éditeur. S'il naît au Canada à Montréal le 10 mai 1910, il partira avec sa mère vivre aux États-Unis. Il devient américain, raccourcit son nom Éric Lennard Bernstein et le simplifie en Éric Berne, passe son doctorat en médecine à l’Université McGill en 1935 et se spécialise en psychiatrie à l’université de Yale à New Haven dans le Connecticut. Installé en Californie où il s'établit en 1946, il continue ses recherches, s'éloigne peu à peu de Sigmund Freud et de la psychanalyse, cherchant de nouveaux outils thérapeutiques plus efficaces et plus économes en temps que la psychanalyse.

    La guerre lui offre la chance de diriger des thérapies de groupes pour l'armée américaine et découvre la puissance de l'intuition qu'il va théoriser dans dans une contribution La nature de l'intuition, présenter à Los Angeles en 1947. Il s'installe alors définitivement en Californie à Carmel près de San Francisco, se remarie avec Dorothy qui lui donnera deux enfants Ricky et Terry. [1]
     
    Eric Berne en 1943
    S'appuyant sur l'expérience acquise dans ses séminaires, il publie en 1956-57, une série d'articles qui feront date : "Analyse transactionnelle : une nouvelle méthode efficace de thérapie de groupe" où il développe déjà ses concepts fondamentaux d'états du moi, [2] de jeux psychologiques [3] et de scénarios. [4] C'est lors de la parution de son livre Transactional Analysis and Psychotherapy en 1961, qu'il est vraiment reconnu, ce qui lui permettra par la suite de fonder l’International Transactional Analysis Association (ITAA).

    Dans les années soixante, il mènera de front son travail de thérapeute, ses séminaires et l'écriture de ses ouvrages les plus connus -des succès considérables, ce qui est rare pour ce genre d'ouvrages- "Des jeux et des hommes" et surtout son livre de vulgarisation "Que dites-vous après avoir dit Bonjour ?", où il pose comme préalable : "Allez mieux d'abord, on analysera ensuite si vous le voulez".

    Mais cette vie trépidante sera fatale à sa vie personnelle puisqu'il divorcera de Dorothy en 1964 avant de se remarier en 1967 avec Torri pour divorcer une nouvelle fois trois ans plus tard, et qu'il mourra le 15 juillet 1970 d'une crise cardiaque.

    Eric Berne à Montréal


    Bibliographie
    • "Analyse transactionnelle et psychothérapie", Payot, 1971, isbn 2-228-89425-7 (première édition Evergree, 1961)
    • "Principes de traitement psychothérapeutique en groupe", éditions d’Analyse transactionnelle, 2006, isbn 2-9518389-6-4
    • "Structure et dynamique des organisations et des groupes", éditions d’Analyse transactionnelle, 2005, isbn 2-9518389-4-8 (première édition Pitman, 1963)
    • "Psychiatrie et psychanalyse à la portée de tous", Arthème-Fayard, 1971
    • "Des jeux et des hommes", psychologie des relations humaines, Stock, 1975, isbn 2-234-01766-1
    • "Que dites-vous après avoir dit bonjour ?", Tchou, 1977" isbn 2-7107-0361-0
    Voir aussi
    • Guide pour profane à travers la psychiatrie et la psychanalyse, Simon & Schuster, New York, 1957
    • Le problème culturel : psychopathologie à Tahiti, Journal américain de psychiatrie, 1960
    • Images primaires et jugements primaires : Revue de psychiatrie, 1955
    Liens externes
    Analyse transactionnelle L'AT de A à Z L'Institut français d'analyse transactionnelle : L'IFAT

    Notes et références
    [1] Il s'était marié une première fois en 1940 avec Elinor avec laquelle il a eu aussi 2 enfants Ellen et Peter. 

    [2] Pour Eric Berne, la structure de la personnalité se compose de trois États du moi : - Parent (P) : qui conserve l’ensemble des pensées, des sentiments, des comportements de modèles parentaux et intégrés tels quels; - Adulte (A) : qui conserve l’ensemble des pensées, sentiments et comportements liés aux liens avec la réalité, à "l’ici et maintenant"; - Enfant (E) : qui conserve l’ensemble des pensées, sentiments et comportements qui ramènent à l'enfance.


    [3] Eric Berne a défini le jeu psychologique comme "le déroulement d’une série de transactions cachées, complémentaires, progressant vers un résultat bien défini, prévisible".


    [4] Ensemble des croyances scénariques héritées des parents, de l'enfance... plus ou moins bien adaptées aux situations qui évoluent et qui peuvent ainsi générer distance et dysfonctionnement avec les façons d'agir et de réagir d'une personne. 


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